Peut-on réformer la France ?
Présentation de Mr Alain Juppé par Didier Cahen, directeur de la vie étudiante :
Monsieur le Premier Ministre,
Au terme d ‘une négociation difficile pour la réforme des régimes spéciaux de retraite , la France est inquiète !
Certes les motifs de cette perte de moral sont nombreux, top nombreux hélas, et vous faites partie de ceux qui n’ont pas attendu les appétances puis les vacances de Monsieur Hulot pour prendre la mesure du péril écologique. La France est inquiète, la France est frileuse d’abord. La France ou les français, les français ou telle organisation syndicale jalouse de ses prérogatives. En même temps, méfions nous des stéréotypes ou des réflexes un peu conditionnés : ce n’est pas toujours « la faute des autres ». On le sait d’expérience ici à Ginette, pour revisiter les traditions il faut savoir se lever de bonheur. Fort heureusement nous nous levons de bonheur !
Monsieur Juppé vous avez été Premier Ministre de 1995 à 1997. Vous avez, bien avant l’actuel Président de la République, pris le taureau par les cornes pour bousculer les conformismes, imprimer à votre action politique une volonté qui confinait au volontarisme … non sans succès d’ailleurs. Malgré les aléas que l’on sait, votre vaste plan de réforme de la Sécurité Sociale a été en bonne partie adopté ; il a permis, à l’époque, un redressement significatif des comptes sociaux. On a enregistré durant la même période une réduction de moitié des déficits publics. A l’heure actuelle qui ne serait pas preneur ?
Pour continuer dans le domaine du rêve, faut-il rappeler votre parcours de fort en thème : au sens propre d’abord puisque vous avez été premier au Concours général de grec et de latin avant de passer l’agrégation de Lettres classiques via Normale Sup et d’intégrer l’ENA. Bref ayant tout assimilé du théorème de Borel-Lebesgue au cogito cartésien, l’Inspecteur des Finances deviendra un jeune député remarqué puis en 1986 Ministre délégué au budget, en 1993 Ministre des Affaires étrangères et enfin Chef du gouvernement. Maire de Bordeaux, vous êtes, Président du RPR et de l’UMP, vous fûtes … vous me pardonnerez de m’en tenir à ces quelques repères.
Je prendrai garde toutefois d’oublier le député européen et le professeur que vous étiez récemment au Québec durant une année de recul et de réflexion. On le voit, vous êtes l’élu … de la raison et du cœur pour nous aider à réfléchir à cette question, à LA question « Peut-on réformer la France » ? plus modestement peut-on réformer en France ? mais aussi bien quand et comment s’y prendre ? quelle pédagogie de la réforme, en somme ?
Je rappelais votre parcours et vos nombreuses fonctions. Croyez monsieur le Premier Ministre que nous sommes d’autant plus sensibles à l’honneur que vous nous faites en venant rencontrer nos élèves. Leur attente est à la mesure des enjeux pour le pays et de la tâche qui les attend ; ce sera très vite à eux d’inventer des façons de faire inédites pour relever le défi d’une France à nouveau « conquérante ». Au nom de ces 800 jeunes plutôt bien dans leur peau et eux aussi « droits dans leurs baskets », au nom de madame Jubin, notre Directeur, et de toute la Communauté éducative permettez-moi Monsieur le Premier Ministre de vous adresser nos très vifs et très sincères remerciements.



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